pluésie

POÈMES LGBTQI+

imparfait

dans mes pupilles brillent deux mondes

qui dans les tiennes se reflètent

un dans chacune qui demande

et veut t’entendre dire d’une voix tiède

ces mots qui au fond de moi frissonnent

gravent sept lettres dans les plis de mon cœur

que mon être avide consomme

dans un rythme hard-corps

 

ne rien dire

ne rien faire

surtout pas en public

jamais

entends-tu

jamais

 

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Les algues grises

Il y avait les algues sèches qui, portées par le vent, tourbillonnaient dans l’air magnétique.

Elles s’effritaient sous le soleil en une étrange pluie pailletée, une neige de mer aux reflets gris et facétieux.

 

Il y avait toi. L’imminence de toi.

Si proche, étendue sur ton drap de bain marine.

Ton corps paré d’un simple maillot, allongé sur le coussin d’algues moelleux.

 

Le vol de deux mouettes au ras de l’eau.

Le jeu balbutiant de deux voiles au loin, en réponse.

 

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Brasses

Ruisseau un temps apprivoisé,

ouvre tes jambes et tes bras !

Mon corps menu est tout ému

à l’idée d’en toi

se remuer.

 

Ouvre plus grand, allez, étends :

délie tes nœuds, alcôve lourde,

lit gros de sac et de reflux,

et dans le vent où tu t’ébats,

trouve un couloir où me loger.

 

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ta salive sur ma peau comme reste la traînée des limaces

depuis j’ai voyagé

un peu

j’ai posé mes membres comme

l’on plie et l’on range son linge sur le lit des glaciers aux

montagnes endeuillées de la gaspésie

on n’y voyait pas la mer et pourtant

je sais

que

tu es

 

comme sont les algues au fond des baies sales et

roulent les volcans pour t’offrir des îles moi je ne t’offre rien

que tu n’aies déjà

une cabane de ruisseaux où fonder une ville

refuge où

ta cambrure encore enfile mes fjords

ce que je serais si je ne t’étais pas

remord

 

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À Alua

J’avais quinze ans à Alua

Cachée sous mon large Targui

– de nuit, filant petite gouape

 

Sur le tranchant de l’ennui.

J’avais quinze ans à Alua

La soif de chair et de vie

 

(suite…)

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