pluésie

POÈMES LGBTQI+

Rêve érotique

À mi-chemin vers mon réveil

sur un sentier, je croise un nain

pars à la rencontre d’un poète

maudit qui vagabonde, se la pète

me prend la tête, bénit Rimbaud

 

Pour vivre, dit-il, toucher du doigt le beau

il faut se cacher des chevaliers, des doutes

dans les buissons, au bord des routes

et laisser libre court à ses désirs

(suite…)

Point de fuite

il est parti

en déchirant leurs étreintes

en cassant les infimes

réseaux aériens

de leurs liens

plus de baisers

plus jamais

non ni même de frissons

mais son visage

est à jamais

sous ses cils

gravé

 

ce dernier soir

leurs âmes qui s’unissent

puis ses yeux qui se dérobent

il a brisé

et les larmes elles-mêmes

et leurs amours éphémères

mais scellés sans détour

en sa mémoire

il y a le mystère

de ses lèvres incarnat

la magie

de ses cheveux d’or

incarné

 

il est si loin

de ce point de fuite

à présent

il s’est isolé

au centre de la terre

citadine

 

(suite…)

Brasses

Ruisseau un temps apprivoisé,

ouvre tes jambes et tes bras !

Mon corps menu est tout ému

à l’idée d’en toi

se remuer.

 

Ouvre plus grand, allez, étends :

délie tes nœuds, alcôve lourde,

lit gros de sac et de reflux,

et dans le vent où tu t’ébats,

trouve un couloir où me loger.

 

(suite…)

La fabrique de l’en-dehors

Abstraction éclairée

Illuminée, dirait l’autre

Mais j’ai enfin réussi à entendre Björk

Vénus en garçon ? Et puis des rumeurs sont entrées par l’Est, amoureux des triangles.

Je ne saurai rien reconnaître demain.

 

Méfiance née sous l’ombre des usines

Celle-ci porte un peu moins loin,

Peut-être ?

Les tubes métalliques se sont mis à résonner

Des corps dans un décor et vous n’aurez pas ma rime paresseuse

Les esprits continuent de croire en la beauté.

Prétentieuse trompeusement née de la dernière pluie.

 

(suite…)

ta salive sur ma peau comme reste la traînée des limaces

depuis j’ai voyagé

un peu

j’ai posé mes membres comme

l’on plie et l’on range son linge sur le lit des glaciers aux

montagnes endeuillées de la gaspésie

on n’y voyait pas la mer et pourtant

je sais

que

tu es

 

comme sont les algues au fond des baies sales et

roulent les volcans pour t’offrir des îles moi je ne t’offre rien

que tu n’aies déjà

une cabane de ruisseaux où fonder une ville

refuge où

ta cambrure encore enfile mes fjords

ce que je serais si je ne t’étais pas

remord

 

(suite…)

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